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Répertoire de solutions
à l'intention des aidants qui oeuvrent auprès des personnes
ayant subi un accident vasculaire cérébral
Version 6 (Janvier 2001)
© Copyright : L.R. Talbot, C. Vincent, 2000
Projet subventionné par le
Réseau de recherche en adaptation-réadaptation et la Fondation
Marc-Chouinard
Chercheures : Lise R.Talbot et Claude
Vincent
Assistantes de recherche : Denise
Trudeau et Sylvie Faucher
Participants : Les associations
pour les personnes aphasiques du Québec
Table des matières
|
|
Deux milieux
d'expériences |
|
Services hospitaliers
et
de réadaptation
|
Domicile |
Cinq
grandes
catégories
de solutions |
Les soins |
2. A |
3. A |
La communication |
2. B |
3. B |
Les changements
de rôle et de responsabilités |
2. C |
3. C |
La sécurité et les
comportements |
2. D |
3. D |
Le bien-être |
2. E |
3. E |
1. Avant-propos
Chers lecteurs,chères lectrices,
Voici un recueil de solutions répondant à
des problèmes souvent rencontrés durant l’accompagnement
d’une personne ayant subi un accident vasculaire cérébral
(AVC).
Pour faciliter la lecture et le repérage, nous
avons divisé les problèmes / solutions en deux temps correspondant
aux milieux de l’expérience, ainsi qu’en cinq catégories.
On sait que, généralement, après
un AVC, la personne est transportée d’urgence à l’hôpital.
Elle y passe une période variant de quelques jours à quelques
mois. C’est le premier milieu d’expérimentation, soit
:. A. Services hospitaliers et de réadaptation.
Dans un deuxième temps, le patient peut obtenir
son congé et réintégrer le domicile. Vous trouverez
en B. Domicile, des solutions à vos préoccupations.
Chacune de ces deux sections à leur tour divisées
en cinq grandes catégories de solutions, soit :
1- Les soins
2- La communication
3- Les changements de rôle et de responsabilités
4- La sécurité et les comportements
5- Le bien-être
Ce répertoire se veut un outil pratique Il est le reflet de l’expérience
de nombreux aidants qui l’ont généreusement partagée
avec nous. Si vous avez d’autres problèmes et solutions,
nous vous prions de nous en faire part, soit par retour du courrier ;
soit en nous téléphonant à Colombe Picard (819) 346-1110,
poste 13817; soit par courriel à Colombe.Picard@USherbrooke.ca.
Merci de votre collaboration.
2.A Services hospitaliers et de réadaptation
- Les soins
Les soins (soins d’hygiène, alimentation,
activités de la vie quotidienne, activité de la vie domestique,
informations sur la maladie, hébergement)
Problème |
Solution |
| Le personnel médical tarde à prendre
une décision en dépit de la gravité de l’état
du patient déjà paralysé.
|
Faire pression pour obtenir le transport par ambulance vers un
centre hospitalier offrant des soins spécialisés.
|
| Délai pour le diagnostic ; lenteur du processus
d’évaluation (14 jours) ; difficulté à
obtenir un transfert rapide vers un centre de réadaptation.
|
Accentuer les pressions ; tenir bon ; discuter avec les médecins
; chercher à avoir de bonnes rencontres avec eux. |
| Communication problématique avec les médecins
traitants en raison de leurs horaires de travail.
|
Presser les infirmières pour obtenir des détails
sur l’état du conjoint. « La situation était
aggravée par le fait qu’à ce moment-là,
mon conjoint ne parlait pratiquement pas et ne pouvait pas écrire.
J’ai réussi à rencontrer son neurologue une
fois, mais je n’ai jamais pu rencontrer son cardiologue. »
|
| Relations médecin-patient parfois difficiles.
|
Aider la personne pour qu’elle surmonte ses peurs. «
J’ai travaillé avec ma mère afin qu’elle
subisse sa chirurgie dans le meilleur état d’esprit
possible. » |
| Impossibilité d’obtenir des informations
postopératoires sur la condition du malade, et ce, malgré
de nombreux messages laissés au médecin.
|
Forcer le médecin à nous rencontrer. « Je
me suis assise dans l’escalier qu’il devait emprunter
pour effectuer ses visites, et je l’ai attendu pendant des
heures afin qu’il m’explique ce qui se passe. »
|
| Attente pendant des semaines afin de connaître
les séquelles qui affecteraient la personne cérébrolésée.
|
Obtenir une description complète par les spécialistes
de ce qui pourrait y avoir comme séquelles possibles «…
des moins aux plus sévères, comme ça on a de
belles surprises et non des mauvaises ». |
| Manque de soutien et atmosphère froide à
l’hôpital. |
Obtenir le soutien de la famille et des amis du conjoint à
son chevet. |
| Aides serviables mais non qualifiées pour
les personnes handicapées.
|
Suivre pas à pas les aides pour leur dire quoi faire ou
ne pas faire dans tous les départements d’examens.
|
| Méconnaissance de la maladie par l’aidante
« Il ne marche plus, ne parle plus, il est paralysé.
Le docteur me dit qu’il a fait un AVC et qu’il est aphasique.
»
|
Obtenir l’aide d’une orthophoniste de l’hôpital
pour qu’elle renseigne sur la maladie. |
Non respect des incapacités de la malade
qui manquait de temps pour s’alimenter. |
S’assurer de la présence d’un proche, ce qui
permettra à la personne de finir ses repas. |
Patiente incapable d’ouvrir un contenant ou
de peler une orange offerts en collation. |
S’assurer de la présence d’une religieuse
bénévole pour faire manger la patiente. |
Colère du patient à l’hôpital.
« Il a de la difficulté à manger ; ne pas pouvoir
marcher pour lui, c’est l’enfer ; il est attaché
à son lit. » |
Demander de l’aide à la famille. « Au début,
j’allais le faire dîner et souper. Au bout d’une
semaine, son frère a pris ma relève. Il y allait le
midi, et moi le soir. » |
Le conjoint n’aime pas la nourriture de l’hôpital
et refuse de s’alimenter. |
Apporter de la nourriture de la maison… « des soupes
et des desserts. Parfois, j’allais à la cantine lui
chercher sa nourriture préférée ». |
| Incertitude quant au fait que le conjoint avait
vraiment avalé ce qu’il avait en bouche.
|
Inspecter sous la langue pour savoir s’il ne reste pas
de nourriture après le repas. |
Présence de douleur et anxiété
lors des transferts lit-fauteuil. |
Demander la présence de trois préposés ou
d’un lève-personne pour effectuer le transfert. |
La famille et les amis s’éloignent
car la personne cérébrolésée ne parle
plus beaucoup. |
Fournir aux proches de l’information sur la maladie, les
informer des progrès… « Leur apprendre à
montrer un doigt et formuler le premier mot, puis deux doigts, formuler
le deuxième, etc. » |
Fatigue de l’aidante sans soutien face à
la maladie, aux problèmes familiaux, financiers et d’emploi.
|
Obtenir du soutien de la travailleuse sociale de l’hôpital. |
Insécurité quant à la sortie
de la personne de l’hôpital. Sentiment d’être
incapable de lui donner les soins requis par son état. |
Faire admettre la personne dans un centre de soins en faisant
appel à la travailleuse sociale. |
Pression du centre hospitalier pour un retour à
domicile sans assurer à la conjointe un minimum de services
à la maison alors qu’elle travaille à temps
plein. |
Consulter un psychologue. « Il a recommandé de m’accorder
plusieurs jours de vacances en attendant que le centre prenne les
mesures de soutien que je jugeais nécessaires à un
retour à domicile. » |
Pressions pour congé précoce du centre
de réadaptation. |
Lui faire fréquenter un centre de jour. « À
temps partiel pendant trois mois, ce n’était pas adéquat,
mais c’était mieux que rien. » |
2.B Services hospitaliers et de réadaptation
- La communication
La communication (Communication avec le personnel,
avec la famille)
Problème |
Solution |
Conjoint qui ne peut ni parler ni écrire. |
Afin de savoir qui est venu dans la
journée, laisser un cahier au chevet du conjoint dans lequel
les visiteurs peuvent signer. |
Problème à se faire comprendre
du personnel soignant pour que les demandes de la famille soient
respectées avec constance. |
Présence du père de la
patiente afin qu’il explique les demandes au personnel soignant
et qu’il agisse comme interprète. |
Aides serviables mais non qualifiées
pour les personnes handicapées. |
Suivre pas à pas les aides pour
leur dire quoi faire ou ne pas faire dans tous les départements
d’examens |
Mari aphasique et hémiplégique
qui ne se souvenait plus de rien. |
Répéter la même
chose pendant des mois pour stimuler la mémoire |
Langage assez bon, mais mauvais choix
de mots. |
Faire le professeur en lui réapprenant
à parler. « Je lui ai montré à dire mon
nom et ceux de ses six enfants et petits enfants. » |
Communication difficile avec un mari
aphasique. |
Poser des questions et encourager le
conjoint à répondre par des signes de tête. |
Aphasie et incapacité de reconnaître
ni les objets ni ses membres. « Au début, il ne pensait
qu’à faire des signes pour me dire qu’il avait
soif, faim, qu’il voulait dormir… » |
Lui montrer à faire des signes
désignant sa bouche, sa langue pour manger, à poser
sa main sur sa joue lorsqu’il veut dormir. |
Difficulté à savoir ce
que le patient veut manger. |
Découper des photos de bœuf
haché, steak, spaghetti, pain, œufs, dans des circulaires
et les coller dans un album. |
Frustration et découragement
de la patiente devant l’impossibilité de se faire comprendre.
« Elle pleurait, ce qui n’est pas recommandé
dans un tel cas. » |
Tenter d’interpréter les
gestes |
Problème général
de communication. |
Tenter de comprendre son langage corporel.
« Je me suis servi de nos dix-huit ans de vie commune. » |
Impossibilité de se faire comprendre
par ses proches à cause de l’aphasie. |
Faire parler et encore parler le patient.
S’assurer qu’il reste alerte afin qu’il ne se
renferme pas dans sa bulle. |
Peur de mal interpréter les réponses
obtenues de la personne. |
Formuler autrement la question plus
d’une fois pour s’assurer de la véritable réponse. |
Difficulté constante à
se comprendre. |
« On fait du mieux que l’on
peut. » |
Manque d’informations. |
Recourir à l’orthophoniste
pour apprendre certaines stratégies d’aide et les appliquer
; contacter le CLSC. |
2.C Services hospitaliers et de réadaptation
- Les changements de rôle et de responsabilités
Les changements de rôle et de responsabilités
(Certificats médicaux, organisation du travail, acceptation des
changements, besoin d’aide, répit)
Problème |
Solution |
Difficulté d’annoncer
aux proches que quelqu’un a eu un AVC. |
Désigner un membre de la famille
pour l’annoncer aux autres ; faire du mieux que l’on
peut. |
Exigences des allers-retours à
l’hôpital. |
Réorganiser son travail pour
pouvoir accompagner le conjoint dans son évolution tout en
mûrissant ses décisions personnelles. |
Rencontres avec les intervenants du
centre de réadaptation, ce qui exige beaucoup de temps et
d’énergie, tout en travaillant et en s’occupant
de la maison. |
Déléguer tout ce qu’il
est possible de déléguer. |
Difficulté à obtenir les
certificats médicaux exigés par le chômage,
le B.S. et les institutions financières concernant des prêts
assurés pour invalidité. « Le neurochirurgien
dit ne pas avoir le temps pour la paperasse. Il dit que son métier,
c’est d’opérer, non de délivrer des certificats
médicaux. Mais il n’a ni bureau privé ni secrétaire
pour remédier à cette situation. Il semble croire
que les obligations sont en suspens à cause de l’AVC,
mais la situation vécue est très différente
et très difficile à cause du harcèlement des
créanciers. » |
Insister auprès du neurochirurgien
afin qu’il délivre un seul et unique certificat, et
tenter de le faire accepter par tous.« Il faut l’amener
à comprendre que l’on n’est pas responsable du
fait que chaque organisme exige son propre formulaire et qu’ils
n’acceptent pas de formulaire polyvalent. » |
Gêne de l’aidante qui doit
demander au médecin de compléter un grand nombre de
formulaire pour les assurances. |
Exprimer au médecin son malaise
face à la perte de temps qu’on lui occasionne, tout
en lui faisant comprendre qu’il est important pour nous qu’il
remplisse ces formulaires. |
Difficulté à s’adapter
à la vie avec un mari qui a « tellement changé
» (voix, attitudes, langage, capacité, dépendance)
; difficulté aussi à vivre avec une personne plus
nerveuse et plus démunie. |
Essayer de vivre un jour à la
fois et d’accepter les changements, la maladie. Ne pas s’arrêter
aux problèmes mineurs afin d’avoir assez d’énergie
pour affronter les problèmes majeurs |
Pleurs et découragement de la
personne aphasique. |
« Ne pas lâcher, c’est
ce qui est le plus important pour la famille. » |
Ignorance des problèmes financiers
du mari. |
Demander de l’aide à un
comptable. |
Déménagement d’un
milieu non accessible à un milieu accessible sans subir trop
de stress. |
Placer la personne en hébergement
temporaire pendant le déménagement. |
Aidant qui écope de toutes les
responsabilités. |
Déléguer le plus de responsabilités
anciennes pour se consacrer aux nouvelles. |
Vie avec une personne qui a changé. |
Mettre l’accent sur ce qui n’a
pas changé pour aider à s’y retrouver. |
2.D Services hospitaliers et de réadaptation
- La sécurité et les comportements
La sécurité et les comportements
(besoin de surveillance, chutes, reprise de l’autonomie, permis
de conduire, transport adapté)
Problème |
Solution |
Chute du lit parce qu’il n’y a pas de
cloche d’appel dans la chambre, et personnel de nuit insuffisant. |
Rémunérer un gardien de nuit. |
Chute parce que le malade veut se lever malgré
ses incapacités. |
Mettre le malade en contention sur la chaise pour
éviter les chutes. |
Difficulté à être constamment
présent auprès de la malade. |
Payer une aide, même si on n’en a pas
toujours les moyens. |
Comportement colérique du conjoint à
l’égard du personnel hospitalier. |
Visiter le malade, le sécuriser et le calmer
en répondant à ses exigences. |
Conjoint incommodé par la présence
d’un autre malade dans sa chambre. |
Demander une chambre privée |
Choc lorsque l’on apprend que le conjoint est
paralysé et aphasique. « Je me suis demandé
pourquoi une pareille épreuve. » |
« Je faisais appel au bon Dieu afin qu’Il
m’aide et m’envoie des forces. » |
Pleurs et agressivité de la personne aphasique. |
Demander les services d’un intervenant psychosocial
pour assurer le suivi ; suivre une thérapie familiale. |
Le personnel manque de temps pour veiller à
ce que le patient, qui éprouve des difficultés à
avaler, s’alimente correctement. |
Inscrire les consignes au chevet pour optimiser la
sécurité lors des repas. |
Difficulté à couper les aliments qui
ne tiennent pas en place dans l’assiette. |
Utiliser une roulette à pizza en guise de
couteau. |
Paralysie du côté droit chez une personne
droitière. |
Apprendre à fonctionner de la main gauche. |
2.E Services hospitaliers et de réadaptation
- Le bien-être
Le bien-être (Se prendre en main, accepter,
s’encourager, fréquenter une association, spiritualité,
patience)
Problème |
Solution |
Choc quand on apprend le diagnostic. « Ce
sont des heures interminables à vivre… un vrai cauchemar.
» |
S’entourer de la famille, de la belle-famille,
de bons amis et de connaissances. « Cela m’a aidé
à traverser ces pénibles moments. » |
Impression de « capoter » ressentie par
l’aidant et les enfants. |
« Il faut se prendre en main pour remettre
la famille en équilibre, se donner du courage, de l’espoir.
» |
Nuits blanches remplies d’inquiétude
par anticipation d’une rechute. |
S’armer de patience et attendre que le malade
se rétablisse. |
Sentiment d’injustice. « Pourquoi lui
est-ce arrivé, à elle ? Elle ne méritait pas
ça. » |
Accepter le fait, puisqu’on ne peut rien y
changer. « Il suffit de l’accepter pour que la situation
paraisse moins mauvaise. » |
Sentiment d’être débordé. |
Obtenir du répit. Prendre congé et
permettre à une autre personne fiable de s’occuper
de son proche. |
Désœuvrement du malade. |
Acheter un ordinateur pour qu’il puisse jouer
aux cartes ou à d’autres jeux. |
Découragement de l’aidante qui ne pouvait
compter que sur elle-même, fatiguée ou non, malgré
deux garçons. « L’un travaille à l’extérieur,
l’autre a deux enfants et en attend un troisième. Ils
font peu malgré leurs efforts, je ne pouvais compter que
sur moi-même ». |
Parler de tout avec le mari… « J'étais
sûre qu’il ne parlait pas, mais je croyais qu'il comprenait.
Mais non, il ne comprenait pas… J’ai tout de même
continué à tout lui dire. » |
Difficulté à s’adapter à
la vie avec un mari qui a « tellement changé »
(voix, attitudes, langage, capacité, dépendance) ;
difficulté aussi à vivre avec une personne plus nerveuse
et plus démunie. |
Essayer de vivre un jour à la fois et d’accepter
les changements, la maladie. Ne pas s’arrêter aux problèmes
mineurs afin d’avoir assez d’énergie pour affronter
les problèmes majeurs. |
Difficulté à assurer un soutien moral
à la personne malade en dépit de sa propre fatigue
et de l’incertitude quant à l’avenir. |
Se dire que si on n’a pas le moral, ça
n’aidera pas du tout la personne malade. « Il faut s’encourager
avec le moindre signe d’amélioration. » |
Rechute. « Désespoir total : quinze
jours à se rendre à l’hôpital à
pied ; épuisement et désespoir. » |
« La prière, le raisonnement, l’amour.
» |
Stress de l’aidante. |
Se donner la permission de lâcher prise quelque
peu. |
Comme conséquence de la maladie, la personne
cérébrolésée est très centrée
sur elle-même, ce qui est très exigeant. |
Lui faire part de nos besoins et de nos limites,
car elle sent les choses moins qu’avant. « Pour tous
les problèmes, je crois que cela prend beaucoup d’amour
(amour de soi aussi). » |
Insécurité de la personne ayant subi
un AVC face à ses visiteurs, ce qui provoque un malaise chez
ces derniers. |
Être présent au début de la visite
pour rassurer les visiteurs, puis se retirer. |
3.A Domicile - Les soins
Les soins (soins d’hygiène, alimentation,
activités de la vie quotidienne, activité de la vie domestique,
informations sur la maladie, hébergement)
Problème |
Solution |
Incapacité de bouger ni sa main droite ni sa main gauche.
Ne peut s’alimenter seul. |
Sortir le malade de l’hôpital toutes les fins de
semaine. « Je me débrouille seule à la maison
avec lui. » |
Retour à la maison en chaise roulante. Grands soins à
donner à un malade qui a les capacités du cerveau
diminuées. Médicament à surveiller, à
préparer et à lui faire prendre. |
Suivre les recommandations du médecin. |
Sentiment de perdre ses forces ; déprime. |
Consulter un médecin pour se remettre sur pied. |
Manque d’informations relativement à la médication. |
Questionner les médecins aussi souvent que nécessaire. |
Malade qui est devenu colérique, avec des exigences irréalistes,
conséquences des lésions cérébrales. |
Consulter un psychiatre pour la médication et le suivi. |
Spasmes permanents des muscles paralysés et douleurs conséquentes. |
Soulager avec des Tylenol.
|
Manque d’informations sur les services pouvant répondre
aux besoins du malade (transport adapté, aide à domicile,
subventions…). |
« Être tenace, arracher les renseignements de force,
manifester de la colère s’il le faut. » |
La famille et les amis s’éloignent, car la personne
cérébrolésée ne parle plus beaucoup. |
Fournir aux proches de l’information sur la maladie, les
informer des progrès… « Leur apprendre à
montrer un doigt et formuler le premier mot, puis deux doigts, formuler
le deuxième… » |
Salle de bain inadaptée. « Au début, mon
mari ne pouvait s’y rendre en fauteuil roulant. » |
Louer une chaise d’aisance pour la chambre à coucher
en attendant que les rénovations soient faites. « Je
le lavais et le rasais dans la salle à manger. |
Difficulté à sortir le malade du bain, car il avait
peur de tomber. |
Faire asseoir le malade sur une chaise pour qu’il se lave
à la débarbouillette. La même chose lorsqu’il
s’habille et qu’il coupe sa nourriture. Le rassurer
en le surveillant lorsqu’il se lave. |
Diarrhées fréquentes. |
Faire porter des couches. |
Problème aigu de constipation. |
Donner du jus de pruneaux tous les jours. |
Possibilité de crises d’épilepsie suite à
l’AVC. |
Repos ; diminuer le café ; éviter les situations
stressantes ; s’abstenir de parler des difficultés
avec la personne. |
Personne aphasique qui pleure et se décourage. |
Poursuivre quotidiennement les exercices de physiothérapie,
d’orthophonie, d’ergothérapie. Faire répéter
à l’aphasique les mots les plus simples. |
Problèmes fonctionnels, pertes d’habiletés
et aphasie. |
Persévérer dans la rééducation des
gestes de la vie courante : réapprendre à conduire
au patient, à faire un chèque, à faire l’épicerie,
etc. |
Difficulté à se servir de son bras et de sa jambe
droite. |
Traitements de physiothérapie pendant quelque mois. |
Épreuves qui menacent la santé de l’aidante
elle-même. « La vente de la maison m’a conduite
à un infarctus du myocarde. » |
Placer temporairement le conjoint afin de récupérer
(suggestion des médecins). |
Épuisement, sentiment que l’on a atteint ses limites.
« Malgré les efforts pour se ménager, on se
fait prendre dans le tourbillon. » |
Profiter du programme de répit offert par le CLSC. «
On m’accorde cinq fins de semaine (subvention financière)
pour changer d’air. » |
Chute du mari dans l’escalier qui mène au sous-sol.
« J’étais partie garder chez sa fille en vacances
et c’est la police qui l’a trouvé dans le coma.
Il est resté hémiplégique du côté
gauche. Il a des troubles d’équilibre, de vision, il
ne marche pas, son jugement n’est pas bon. Il a des problèmes
cognitifs, je ne peux pas discuter avec lui, son cerveau est affecté
à plusieurs endroits. Ce n’est pas facile, ni pour
lui ni pour moi. » |
Se renseigner au CLSC pour les services de répit. |
Problèmes avec le CLSC qui ne s’adapte pas aux besoins
du malade. « C’est même plutôt le contraire.
» |
« Il préfère se débrouiller seul plutôt
que de subir les frustrations liées aux services offerts
par le CLSC. » |
Pose d’un bouton avec une seule main, la gauche. |
Garder le vêtement sur le dos, ce qui le stabilise et permet
de coudre le bouton. |
Nouer le sac à ordures avec une seule main, la gauche. |
Se servir d’un élastique. Accrocher l’élastique
sur le pouce ou l’index droit. Avec la main gauche, chiffonner
le haut du sac et passer l’élastique ; retenir, faire
un autre tour, et ainsi de suite jusqu’au serrement nécessaire. |
Étendre le linge dehors, sur la corde avec une seule main. |
Utiliser sa bouche pour ouvrir l’épingle à
linge, et piquer le vêtement. |
Déneiger avec une seule main. |
Si la neige est folle, seulement la balayer. Si elle est un
peu plus lourde, la pousser avec la pelle ou la gratter du bout
de la pelle. Si elle est vraiment lourde, en prendre un peu dans
sa pelle et la jeter à côté de soi. |
Nouer ses lacets de chaussures avec une main paralysée. |
Poser de petits barillets sur les lacets. |
Manipuler adéquatement la télécommande du
téléviseur. |
Recouvrir la télécommande d’un carton et
de ruban adhésif de manière à ne laisser libres
que les boutons essentiels. |
Reconnaître la bonne clef dans un trousseau. |
Agencer couleur de clé et couleur sur la porte. |
Perte partielle d’autonomie. |
Utiliser une canne pour les déplacements courts, et un
fauteuil roulant pour les courses au centre commercial. |
Processus de réadaptation à la vie normale difficile
pour la mère et les aidants (fatigue et manque de disponibilité). |
Au début, recourir à une éducatrice pour
accompagner le malade à l’épicerie, pour répondre
au téléphone. |
Passer la balayeuse d’une seule main. |
On peut rester debout ou s’asseoir et nettoyer devant soi
en glissant le balai d’avant en arrière. « C’est
plus long mais possible et l’on reste autonome. » |
Impossibilité de s’asseoir à table pour le
repas sur des chaises ordinaires qui sont trop basses. |
S’asseoir dans le fauteuil roulant. |
Le malade ne veut plus de la pente d’accès maintenant
qu’il est capable de monter et descendre les marches. |
Faire installer des mains courantes pour les escaliers. |
Difficulté à tenir un livre ouvert. |
Acheter un support qui retient les pages de chaque côté. |
Difficulté à tenir sa tranche de pain afin de la
beurrer. |
Acheter une planche avec ventouse dont le dessus est anti-dérapant.
(Ce genre d’accessoire est généralement vendu
pour le service de bar.) |
Aidante qui trouve difficile de voir la personne qu’elle
aime vivre avec des limitations. |
Pour les repas : assiette avec rebord, couteau recourbé,
napperon de caoutchouc, tablier. Pour l’hygiène buccale
: brosse à dents électrique. Pour les vêtements
: pantalons avec ceinture élastique et souliers munis de
bandes velcro. |
Incapacité d’entrer et de sortir du bain, ainsi
que plusieurs autres dépendances. |
Consultation en chiropraxie et acupuncture chaque semaine, pendant
plusieurs mois. |
Mémoire défaillante |
Rappeler des événements passés et montrer
des photos. |
3.B Domicile - La communication
La communication (Communication avec le personnel,
avec la famille)
| Mari aphasique et hémiplégique qui ne se souvenait
plus de rien.
|
Répéter la même chose pendant des mois pour
stimuler la mémoire |
Beaucoup de difficulté avec le langage (mots incompréhensibles,
phrases incomplètes, mêle le féminin et le masculin). |
Traitements en orthophonie. « Mais je complétais
à la maison, et je le fais encore, en écrivant les
mots qui lui sont plus difficiles. Elle les regarde plusieurs fois
et réussit à bien les dire. Je n’hésite
pas à la reprendre quand nous sommes seules. » |
Langage assez bon, mais mauvais choix de mots.
|
Faire le professeur en lui réapprenant à parler.
« Je lui ai montré à dire mon nom et ceux de
ses six enfants et petits enfants. » |
Incapacité ni de parler ni d’écrire
|
Identifier les meubles, les objets avec des auto-collants jaunes
posés dessus. |
Perte du langage. « Elle savait comment ses enfants s’appelaient,
mais était incapable de prononcer les noms. »
|
Recourir au dictionnaire. « Elle s’en servait beaucoup,
elle voulait tellement réapprendre… Elle ne fait maintenant
plus de fautes et trouve le mot juste. » |
Aidante qui se demande comment communiquer avec son mari aphasique.
|
Poser des questions. « Il essaie de répondre par
des signes de tête. » |
Malade qui a de la difficulté à trouver le mot
juste et qui désire que son épouse devine ce qu’il
essaie de dire.
|
Lui demander des indices. « Ça marche assez souvent.
Il fait des mots mystères. » |
Aphasie ; difficulté du malade à dire le mot voulu.
|
Lui suggérer des mots, lui dire de prendre son temps,
que rien ne presse. |
Personne aphasique qui pleure et se décourage.
|
Réapprendre à communiquer au moyen du téléphone.
« Ma sœur l’appelait et le faisait parler. Au début,
c’était long, mais aujourd’hui il se débrouille
bien. » |
Problèmes de communication liés à
l’aphasie.
|
Laisser au malade la chance de s’exprimer. « Au début,
je parlais pour lui, mais j’ai vite compris que pour l’aider,
je devais le laisser s’exprimer, même si cela prenait
du temps. Je l’encourageais en lui disant de prendre son temps,
qu’il pouvait y arriver. » |
Problème et manque de communication avec
le conjoint, ce qui a pour effet d’irriter ce dernier.
|
Ne pas le contrarier. Ne plus s’en occuper. Faire l’ignorante. |
Problème d’aphasie.
|
Participer aux exercices de stimulation linguistique en groupe
qui sont offerts une fois par semaine par l’Association des
personnes aphasiques. |
Aphasie et incapacité de reconnaître
ni les objets ni ses membres. « Au début, il ne pensait
qu’à faire des signes pour me dire qu’il avait
soif, faim, qu’il voulait dormir… »
|
Lui montrer à faire des signes désignant sa bouche,
sa langue pour manger, à poser sa main sur sa joue lorsqu’il
veut dormir. |
Difficulté à savoir ce que le patient veut manger.
|
Découper des photos de bœuf haché, steak,
spaghetti, pain, œufs, dans des circulaires et les coller dans
un album. |
Difficulté à comprendre de qui ou de quoi le patient
veut parler.
|
Coller des photos des enfants, de la famille, d’une église,
d’une banque, d’une épicerie, d’un téléphone,
« … enfin de toutes les lieux ou activités où
il aurait pu avoir envie d’aller ou de faire. » |
Frustration et découragement de la patiente devant l’impossibilité
de se faire comprendre. « Elle pleurait, ce qui n’est
pas recommandé dans un tel cas. »
|
Tenter d’interpréter les gestes |
Congé prévue suite à une chirurgie, mais
pas pour la réadaptation et les traitements en orthophonie.
|
Demander aux proches d’accompagner à tour de rôle
la personne à ses rendez-vous.
|
Difficulté constante de se comprendre.
|
« On fait du mieux que l’on peut. » |
Découragement de l’aidante qui ne pouvait compter
que sur elle-même, fatiguée ou non, malgré deux
garçons. « L’un travaille à l’extérieur,
l’autre a deux enfants et en attend un troisième. Ils
font peu malgré leurs efforts, je ne pouvais compter que
sur moi-même ».
|
Parler de tout avec le mari… « J'étais sûre
qu’il ne parlait pas, mais je croyais qu'il comprenait. Mais
non, il ne comprenait pas… J’ai tout de même continué
à tout lui dire. » |
Problème général de communication.
|
Tenter de comprendre son langage corporel. « Je me suis
servi de nos dix-huit ans de vie commune. » |
3.C Domicile - Les changements de rôle et de
responsabilités
Les changements de rôle et de responsabilités
(Certificats médicaux, organisation du travail, acceptation des
changements, besoin d’aide, répit)
Problème |
Solution |
| La personne aphasique pleure et se décourage. |
« La famille doit continuer à le supporter, c’est
le plus important. » |
Comportement de la famille lors des sorties de fin
de semaine. |
Se garder d’afficher une attitude surprotectrice. «
On n’aide pas du tout la personne en voulant trop la protéger
et tout lui épargner. » |
Extrême fatigue de l’aidante. «
Ma fille était en dépression, elle me vidait. »
|
Séjour chez les religieuses. « J’y ai passé
trois jours et trois nuits, j’ai dormi trente-trois heures,
je me suis reposée. J’ai marché, réfléchi
et je suis revenue à la maison en meilleure forme. » |
Sentiment d’être « perdue »
avec un grand malade. « Avant sa maladie, je comptais sur
lui. Et là, je me suis retrouvée démunie. »
|
Demander de l’aide de la famille. « Elle était
toujours là si j’en avais besoin. Il a fallu que j’apprenne
à conduire l’auto, à m’occuper du budget.
» |
Accaparement de l’aidante par son conjoint.
|
Demander à un ami de sortir le conjoint pour une activité.
« Je respire un peu quand un ami vient chercher mon conjoint
deux après-midi par semaine pour jouer aux quilles. Cela
me donne six heures de répit. » |
Difficulté à admettre ses limites.
« On a beau essayer de se ménager, on se fait prendre
dans le tourbillon. »
|
Consulter un psychologue. |
La conjointe accepte difficilement l’AVC de
son mari.
|
Se faire suivre par un psychologue. |
Sentiment de se retrouver seule face à la
nouvelle situation.
|
Chercher l’aide d’une travailleuse sociale. «
J’ai trouvé dans cette personne, une oreille attentive,
prête à m’écouter ». |
Suite à un AVC : aphasie, problème
de vision.
|
Suivre des cours d’aidant familial au CLSC. « C’est
grâce à ce cours que j’ai pu accepter la maladie.
» |
Besoin de parler de la situation avec des gens qui
nous comprennent.
|
Fréquenter des groupes de soutien des aidants. «
J’ai suivi des ateliers pour apprendre à me connaître
et à partager avec des gens qui vivent une situation semblable.
» |
Problème à accomplir de nouvelles tâches,
comme la cuisine.
|
Apprendre du mieux que l’on peut. |
Difficulté à s’adapter à
la vie avec un mari qui a « tellement changé »
(voix, attitudes, langage, capacité, dépendance) ;
difficulté aussi à vivre avec une personne plus nerveuse
et plus démunie.
|
Essayer de vivre un jour à la fois et d’accepter
les changements, la maladie. Ne pas s’arrêter aux problèmes
mineurs afin d’avoir assez d’énergie pour affronter
les problèmes majeurs |
Difficulté, pour l’aidante et ses enfants,
à ne pas « lâcher » et d’encourager
le malade à tous les jours.
|
Voir les choses positivement. « On est bien ensemble. On
se promène tous les jours en auto. On joue aux cartes. Il
m’aide à la maison. » |
|
Stress de l’aidante.
|
Se donner la permission de lâcher prise quelque peu. |
Faire face à de nouveaux problèmes,
comme l’habillage, la toilette de la personne, le lavage du
linge, les repas.
|
« Quand une personne a été bonne pour soi,
qu’elle a du courage et qu’elle affiche toujours un
sourire, tout est facile. » |
Manque de soutien du conjoint qui subit les séquelles
de l’AVC lors des moments difficiles de la vie.
|
« Vivre au jour le jour. Pleurer. » |
|
Manque de temps. « J’avais l’impression de perdre
une journée par fin de semaine à faire du ménage
ou à me sentir coupable de ne pas en faire. »
|
Recourir aux services d’une femme de ménage quatre
heures par deux semaines. « J’avais le choix entre la
réduction du temps de travail ou l’aide ménagère.
J’ai fait appel à une coopérative de maintien
à domicile. Le service est subventionné à raison
de $3 l’heure, et il y a possibilité d’une autre
subvention selon le salaire annuel. » |
Besoin d’aide pour l’entretien ménager.
|
Au besoin, recourir aux services d’une femme de ménage.
« Mon mari m’aide aussi. Il lave la vaisselle tout seul,
épluche les légumes. On se complète. Nous sommes
assez heureux malgré cette malchance. » |
|
Insécurité et inquiétude du conjoint lorsque
l’épouse est au travail.
|
Prendre sa retraite ou diminuer le travail. « J’en
profite pour gâter mon époux. » |
L’époux ne se permet pas d’exprimer
ses peines et frustrations aux parents et amis.
|
« Je suis très contente de travailler. Je me repose
à ce moment-là. Je m’occupe de moi. J’ai
appris à connaître mes limites et j’essaie de
les respecter. » |
La conjointe accepte difficilement l’AVC de
son mari.
|
Continuer à travailler à temps complet. |
Mari qui se retrouve seul à la maison avec
un adolescent alors qu’il a perdu son emploi quelques mois
avant l’AVC de son épouse.
|
Profiter du chômage pour être plus présent
pour ses enfants. |
Acceptation des séquelles provoquées
par l’AVC et du fait que l’épouse quitte son
emploi avant la retraite prévue.
|
Accepter que cette retraite ne soit pas telle que prévue
et que la vie soit différente. « Ce fut une période
de renoncement et d’acceptation. » |
Problèmes financiers et légaux concernant
la maison et le régime de pension.
|
Obtenir des enfants un mandat notarié afin de gérer
les affaires. |
Manque de préparation pour affronter toutes
les responsabilités de la maison : payer les comptes, s’occuper
des impôts, du renouvellement de l’hypothèque.
|
Demander conseil à un professionnel. « Mon gendre
est avocat. Il a toujours été là pour me conseiller
et m’assister dans mes démarches. Je lui fais confiance.
» |
Manque d’argent. « Moi, toute seule,
je ne pouvais plus arriver avec les deux petits revenus de pensions.
»
|
« J’ai été obligé de vendre
la maison. » |
|
Mari incapable de gérer ses affaires.
|
Lui expliquer la situation et, un jour ou deux plus tard, en
reparler afin de vérifier sa compréhension. |
Malaise de l’aidant lorsque des visiteurs
venaient à la maison. « Je suis quelqu’un qui
ne parle pas beaucoup. »
|
« Avec le temps, j’ai appris à parler plus
et à être moins gêné. » |
|
Stress causé par un voyage à l’extérieur
du pays.
|
Se contenter de brefs voyages au Québec. |
3.D Domicile - La sécurité et les comportements
La sécurité et les comportements (besoin
de surveillance, chutes, reprise de l’autonomie, permis de conduire,
transport adapté)
Problème |
Solution |
Perte du langage. « Elle savait comment ses
enfants s’appelaient, mais était incapable de prononcer
les noms. » Ne sait plus comment faire les choses usuelles.
|
Persévérer dans la rééducation des gestes
de la vie courante : réapprendre à conduire au patient,
à faire un chèque, à faire l’épicerie. |
Gêne de la personne aphasique ; manque de confiance
en elle-même. « Elle se fiait à moi pour ses entrevues,
ses téléphones. » |
Petit à petit, insister pour qu’elle sorte en public,
qu’elle fasse ses commissions, ses téléphones,
ses achats. « Tout va bien maintenant. » |
| Conjoint incapable de s’occuper de ses affaires
(aller au garage, à la caisse, à l’épicerie).
« Il perd ses gants, sa casquette et ne peut retenir le numéro
de guichet automatique. » |
Préparer une liste de choses à faire (caisse, épicerie),
sans toutefois écrire le numéro du guichet automatique. |
Problème de réception d’appels téléphoniques
en l’absence des autres membres de la famille. |
Laisser sonner et acheter un répondeur ou un téléphone
avec afficheur. |
Inquiétude de l’aidante qui laisse son
mari seul à la maison.
|
Apprendre peu à peu à lui faire confiance tout en
lui expliquant certains dangers. |
| Difficulté à accepter de voir celui qu’on
aime avec des limites. |
Louer une chaise électrique afin qu’il puisse se promener
un peu. |
Comportement à adopter pour la famille lors des
sorties de fin de semaine. |
Se garder d’afficher une attitude surprotectrice. «
On n’aide pas du tout la personne en voulant trop la protéger
et tout lui épargner. » |
| Incapacité à composer des numéros
de téléphone. |
Se procurer un téléphone qui permet de programmer
les numéros. |
| Difficulté à accepter que la personne
malade refuse notre aide et veuille se débrouiller par elle-même. |
Accepter cette situation tout en restant à sa disposition
en cas de besoin. |
| Mari qui n’a plus son permis de conduire et qui
aimerait conduire à nouveau. |
Chercher à acquérir un triporteur qui lui permettra
de visiter ses amis en été. |
| Arrestation du couple lors d’une promenade en
auto alors que les policiers, ne connaissant pas l’aphasie,
croyaient que l’époux était en état d’ébriété.
|
« L’AQPA a formé une équipe (un orthophoniste,
un aumônier, moi et mon époux) qui donne des conférences
à la centrale de police afin de sensibiliser les policiers
au vécu des personnes aphasiques. » |
| Problème de transport lors des rendez-vous et
des sorties. « Le transport adapté est long et fatigant.
» |
Demander à quelqu’un de la famille d’assurer
le transport. |
| Refus du CLSC de dispenser le service de transport sous
prétexte que la personne peut se déplacer. |
« Après mon travail, j’allais le chercher, car
j’estimais que deux trajets en transport public, c’était
trop long et fatiguant. » |
| La personne cérébrolésée
veut continuer à utiliser sa voiture pour se déplacer.
|
Demander à l’ergothérapeute une évaluation
pour assurer sa sécurité et celle des autres. Inscrire
la personne à des cours pratiques de conduite automobile et
à un examen sur route. |
« En dépit de certains progrès de
mon mari au niveau de l’autonomie (il avait réappris
à faire des choses routinières), je me sentais très
accaparée. Comme il réclamait sans cesse mon attention,
j’avais l’impression de ne plus avoir de temps pour moi.
» |
Recourir au transport adapté. |
| « Depuis que mon mari en bénéficie,
il sort tous les jours et se rend à l’AQPA deux fois
par semaine. Comme il fréquente aussi un centre de jour, il
s’est fait de nouveaux amis et il trouve les activités
stimulantes. |
Dorénavant, j’ai du temps à moi et je me
suis engagée dans de nouvelles activités (chorale,
cours en informatique, travaux de comptabilité à domicile).
En définitive, nous avions à réorganiser notre
vie et nous nous en portons très bien. J’affirme avoir
été aidée par l’attitude positive de
mon conjoint qui m’a permis d’accepter et d’apprécier
ce qui nous reste. » |
| Conduite automobile ardue pour la personne cérébrolésée,
et inquiétude de la conjointe à ce sujet. |
Suivre un cours pratique de conduite automobile. « Après
quelques mois, il a parfaitement repris ses habitudes de conduite.
» |
| Perte de l’auto et du permis de conduire. «
Moi, je n’ai pas appris à conduire. Je n’aimais
pas cela. » |
« Il faut parler de ces choses-là» |
| Personne incapable de conduire une auto. |
S’inscrire à des services de transport adapté. |
| Problème de transport de l’aidante étant
donné que le conjoint ne conduit plus. |
Demander de l’aide. « J’ai fait appel à
un voisin. Il ne faut pas hésiter. On est souvent surpris
de les voir si disponibles. » |
| Problèmes avec la Régie des rentes à
cause des rapports médicaux. |
Recourir aux services d’un avocat. « J’ai obtenu
une évaluation de la Régie des rentes. » |
| Personne cérébrolésée laissée
seule alors que l’aidante est au travail et les enfants à
l’école. |
Faire un essai d’une demi-journée, et revenir à
l’heure du dîner pour constater comment ça s’est
passé. « Pour nous il n’y a pas eu de problème
important. » |
| Laissé seul, le conjoint ne se nourrit pas convenablement. |
Si l’on prévoit s’absenter, lui préparer
un repas ou un sandwich. |
| Présence constante auprès de la personne. |
Payer une aide, même si on n’a pas toujours les moyens. |
Problème à trouver quelqu’un de
responsable qui assisterait la personne dans les activités
de la vie quotidienne. |
Demander à la famille de participer. « Mon père
a pris congé ainsi que mon frère le plus jeune et moi-même
». |
| Conjoint qui ne peut rester seul, mais qui ne veut ni
se faire garder ni sortir. |
« Pour les commissions et les sorties, ma fille l’accompagnait.
Mon mari pleurait à mon départ, mais elle réussissait
à le consoler. » |
| Pertes de mémoire importantes, ce qui menace
la sécurité de la personne à la maison. |
Changer de milieu de vie. « Nous avons vendu la maison, et
avons cherché une résidence privée d’hébergement.
» |
3.E Domicile - Le bien-être
Le bien-être (Se prendre en main, accepter, s’encourager,
fréquenter une association, spiritualité, patience) page
:
Problème |
Solution |
Difficulté à admettre ses limites.
« On a beau essayer de se ménager, on se fait prendre
dans le tourbillon. » |
Consulter un psychologue. |
La conjointe accepte difficilement l’AVC de
son mari. |
Se faire suivre par un psychologue. |
Sentiment de solitude face à la nouvelle situation. |
Demander l’aide d’une travailleuse sociale. «
J’ai trouvé dans cette personne, une oreille attentive,
prête à m’écouter ».
|
L’aidante décide d’avoir une discussion
très sérieuse avec son conjoint. Elle lui dit «
qu’elle ne peut continuer à vivre de cette façon
» et l’invite à chercher quelqu’un pour
s’occuper de lui, tout en lui annonçant qu’elle
songeait à le quitter pour un certain temps.
|
La discussion a été bénéfique. Le
couple commence à fréquenter une fois par semaine
l’Association des personnes aphasiques. Il voyage au Québec,
reçoit régulièrement la visite des membres
des deux familles, va manger au resto, assiste à des spectacles,
souvent à la demande du mari. Celui-ci, bien qu’il
se soit fait un cercle d’amis aphasiques, refuse toutefois
de reprendre contact avec les voisins.
|
L’aidante éprouve des difficultés
à se confier à des proches. |
Participer à un groupe de soutien pour les aidants. |
Refus du conjoint de faire partie de l’Association
des personnes aphasiques. |
Aller aux rencontres de l’Association, même sans
la personne aphasique. « Ça nous aide beaucoup, nous
discutons ensemble de nos problèmes communs. Les gens aiment
ça. » |
La conjointe accepte difficilement l’AVC de
son mari. |
En parler à la famille et au réseau d’amis. |
Épreuves qui menacent la santé de l’aidante
elle-même. « La vente de la maison m’a conduite
à un infarctus du myocarde. »
|
« J’ai eu l’aide de ma famille. Cela m’aide
énormément. » |
Difficulté à trouver une personne pour
du gardiennage. La situation se complique par le fait que la personne
ayant subi l’AVC refuse toute aide extérieure.
|
Demander l’aide de la famille, «…des parents
qui peuvent apporter support et supervision, et intervenir au besoin.
» |
Isolement. Perte du réseau d’amis. |
Inscrire la personne à un service de jumelage du centre
de bénévolat. « Nous recevons une visiteuse,
une heure par semaine. » |
Repli sur soi-même. |
Ne pas avoir peur de parler aux gens… « car on a
tous des problèmes ». |
Changements chez la personne cérébrolésée.
« Il n’est plus le même, ses défauts sont
accentués, il est axé sur lui-même, il ne voit
que ses petits problèmes à lui. »
|
Voir du monde, « Cela lui a fait le plus grand bien. Il
est de très bonne humeur en société. » |
Perte du travail et du permis de conduire. «
Il n’a pas encore accepté la situation ».
|
Faire beaucoup de sorties dans les centres commerciaux. «
Il rencontre des gens qu’il connaît et parle avec eux.
» |
L’aidante se voit contrainte de se débrouiller
seule avec un impotent (paralysie de tout le côté gauche)
en chaise roulante. « Je dois lui faire prendre ses médicaments,
l’habiller et le laver. »
|
« Je me recommande à Dieu. » |
Retour à la maison en chaise roulante ; grands
soins à donner à un malade aux fonctions cognitives
affaiblies. Médicament à surveiller, à préparer
et à lui faire prendre. |
« J’ai tout remis entre les mains de Dieu ». |
Difficulté à assurer un soutien moral
à la personne malade en dépit de sa propre fatigue
et de l’incertitude quant à l’avenir.
|
Se dire que si on n’a pas le moral, ça n’aidera
pas du tout la personne malade. « Il faut s’encourager
avec le moindre signe d’amélioration. » |
Faire face à de nouveaux problèmes,
comme l’habillage, la toilette de la personne, le lavage du
linge, les repas. |
« Quand une personne a été bonne pour nous,
qu’elle a du courage et demeure souriante, tout est facile.
» |
Épuisement moral à vivre avec une personne
aphasique. |
Faire preuve de beaucoup de courage. « Cela vaut pour l’aidé
aussi, car c’est finalement lui qui doit faire le plus d’efforts
pour se faire comprendre. Cela peut-être humiliant. Il faut
toujours l’encourager. On s’en sort assez bien. » |
Impression de « capoter » ressentie par
l’aidant et les enfants. |
Se prendre en main pour remettre la famille en équilibre,
se donner du courage, de l’espoir. |
Comme conséquence de la maladie, la personne
cérébrolésée est très centrée
sur elle-même, ce qui est très exigeant. |
Lui faire part de nos besoins et de nos limites, car elle sent
les choses moins qu’avant. « Pour tous les problèmes,
je crois que cela prend beaucoup d’amour, amour de soi aussi
». |
Difficulté à s’adapter à
la vie avec un mari qui a « tellement changé »
(voix, attitudes, langage, capacité, dépendance) ;
difficulté aussi à vivre avec une personne plus nerveuse
et plus démunie.
|
Essayer de vivre un jour à la fois et d’accepter
les changements, la maladie. Ne pas s’arrêter aux problèmes
mineurs afin d’avoir assez d’énergie pour affronter
les problèmes majeurs. |
Comportements de la famille lors des sorties de fin
de semaine avec le malade. |
Prendre les choses au jour le jour et éviter les discussions
inutiles. |
Difficulté pour l’aidante et ses enfants
à ne pas « lâcher » et d’encourager
le malade à tous les jours. |
Voir les choses positivement. « On est bien ensemble. On
se promène tous les jours en auto. On joue aux cartes. Il
m’aide à la maison. » |
Peine causée par la perte de tous les amis
et par le fait que certains enfants ont cessé leurs visites. |
Penser aux éléments positifs de la situation. «
Notre relation de couple s’est maintenue. Nous avons une bonne
situation financière, une santé contrôlée.
» |
Difficulté à exprimer ses peines et
frustrations aux proches qui s’éloignent. |
Se prendre en mains. « Je me dis que notre situation, ce
n’est rien comparé à ce que l’on voit
dans les centres d’hébergement. » |
Difficulté à faire face aux émotions
éprouvées par les membres de la famille. |
Ne pas trop en prendre sur ses épaules. |
Reproches de la belle-famille à l’épouse
quant aux décisions et aux soins qu’elle prodigue.
|
« Je leur ai demandé s’ils avaient pensé
à moi… je pouvais moi aussi tomber malade. Je me dis
que je sors plus forte de cette épreuve. Je sais ce que je
fais pour mon mari et j’en suis fière. » |
| L’aidante a quelquefois envie de fuir. |
« Je le fais assez régulièrement car il est
en mesure de rester seul. Au début je me sentais coupable.
Je travaille sur moi-même afin de chasser cette culpabilité.
» |
Détérioration de la vie de couple.
De plus, le conjoint refuse les tentatives d’aide de la famille
et coupe les ponts avec les voisins et les amis.
|
« Après avoir essayé sans succès de
reprendre contact avec notre entourage, j’ai décidé
de laisser faire le temps, de ne plus forcer les choses. » |
Sentiment d’injustice. « Pourquoi lui
est-ce arrivé, à elle ? Elle ne méritait pas
ça ». |
Accepter le fait, puisqu’on ne peut rien y changer. «
Il suffit de l’accepter pour que la situation paraisse moins
mauvaise. » |
La personne cérébrolésée
n’accepte pas la perte de son emploi et son inaptitude au
travail. |
« Je crois qu’on n’accepte jamais la maladie,
mais qu’on apprend à vivre avec… même chose
pour la famille. Aujourd’hui, il dit qu’il est bien.
» |
| Stress de l’aidante. |
Se donner la permission de lâcher prise quelque peu. |
Nuits blanches remplies d’inquiétude
par anticipation d’une rechute. |
S’armer de patience et attendre que le malade se rétablisse. |
Impatience de la personne cérébrolésée.
|
« Je la laisse faire. Ainsi, tout s’arrange plus
rapidement. » |
Irritabilité et sautes d’humeur de
l’époux. |
Ne pas parler d’un problème lorsqu’il en surgit
un. « J’ai d’abord essayé de comprendre
pourquoi et de répondre doucement. Mais ça ne faisait
qu’empirer son humeur. » |
| Découragement de l’aidante qui ne pouvait
compter que sur elle-même, fatiguée ou non, malgré
deux garçons. « L’un travaille à l’extérieur,
l’autre a deux enfants et en attend un troisième. Ils
font peu malgré leurs efforts, je ne pouvais compter que sur
moi-même ». |
Parler de tout avec le mari… « J'étais sûre
qu’il ne parlait pas, mais je croyais qu'il comprenait. Mais
non, il ne comprenait pas… J’ai tout de même continué
à tout lui dire. » |
La personne a des problèmes de compréhension,
ce qui l’amène à être agressive, à
pleurer continuellement et à tout refuser. |
« Je n’avais pas de solution. Je pleurais souvent
aussi, autant avec lui que seule à la maison. J’étais
découragée. »
|
L’époux ne se permet pas d’exprimer
ses peines et frustrations aux parents et amis. |
« Je suis très contente de travailler. Je me repose
à ce moment-là. Je m’occupe de moi. J’ai
appris à connaître mes limites et j’essaie de
les respecter. » |
La conjointe accepter difficilement l’AVC de
son mari. |
Continuer à travailler à temps complet. |
| Extrême fatigue de l’aidante. « Ma
fille était en dépression, elle me vidait. » |
Séjour chez les religieuses. « J’y ai passé
trois jours et trois nuits, j’ai dormi trente-trois heures,
je me suis reposée. J’ai marché, réfléchi,
et je suis revenue à la maison en meilleure forme. » |
De retour à la maison, la personne
cherche à dominer et à tout contrôler. |
Ne pas se plier à tous ses caprices |
Sentiment de culpabilité de l’épouse
face à son rôle de soutien principal. |
« Il ne fallait pas lâcher. J’ai continué
même si je me sentais coupable. Après un an et demi,
nous sortions tous les jours au centre d’achat. Ça
lui changeait les idées et il rencontrait du monde. |
Perte d’habilités fonctionnelles du conjoint
(ne peut lire ni écrire). Il doit se contenter de regarder
la télé, se promener pas trop longtemps si la température
le permet, faire des patiences (cartes). |
Suivre des cours de peinture pour personnes handicapées. |
L’aidante a perdu le sommeil et l’appétit
suite à ses épreuves. |
« J’ai commencé à écrire mon
journal et à prendre ça un jour à la fois.
» |
4. Remerciements
Nous espérons que ce répertoire vous a été
utile. Nous exprimons toute notre reconnaissance aux aidants de différentes
régions de la province, qui ont accepté généreusement
de partager leur expérience. Remerciements sincères, également,
à nos collaborateurs, soit les différentes associations
de personnes aphasiques et cérébrolésés du
Québec, pour le recrutement des participants à ce projet.
P.S. Maintenant que vous avez terminé la lecture de ce répertoire,
n’oubliez pas de remplir le questionnaire ci-joint et de le retourner
rapidement par la poste.
Merci.
Équipe de recherche
Janvier 2001

L'espoir des personnes atteintes de lésions
cérébrales. |